La Maison d'Emilie
Ce qui nous a séduits à La Maison d'Emilie, c'est son parti pris de villa...
Cabourg tient dans une géométrie simple : un éventail de rues qui converge vers la plage, et au point de convergence, le Grand Hôtel. Reconstruit en 1907 par Lucien Viraut et Émile Mauclerc, il ferme l'avenue de la Mer et ouvre sur la Manche, flanqué du casino avec lequel il forme l'un des ensembles balnéaires Belle Époque les mieux conservés de la côte normande. Façades et toitures sont inscrites. Marcel Proust y a séjourné entre 1907 et 1914, au quatrième étage, et en a fait le Balbec d'À la recherche du temps perdu. On dort ici dans un décor qui est aussi un texte, sans que la maison en fasse un musée.
Pour la rareté de la combinaison : un cinq-étoiles de bord de mer qui n'a ni la taille ni la raideur d'un palace, et une valeur littéraire qui ne relève pas de l'argument commercial. La chambre 414, celle de Proust, se réserve comme n'importe quelle autre et reste la plus demandée de la maison. La salle du Balbec dîne face à l'eau, avec une lumière qui change d'heure en heure et de saison en saison. Et l'hôtel assume la basse saison, quand Cabourg se vide et que la digue redevient ce qu'elle était : une longue ligne droite à parcourir en manteau.
L'hôtel n'est pas près de la mer, il est sur la mer : la plage commence au bas des marches et la digue-promenade file devant les villas de la Belle Époque, sur laquelle on marche des heures sans croiser une voiture. Le casino est mitoyen, les commerces, le marché et les rues à colombages de Cabourg sont juste derrière, le port de Dives-sur-Mer de l'autre côté de l'estuaire. Houlgate et Villers-sur-Mer sont à dix minutes de voiture, Deauville à vingt-cinq, Caen et le Mémorial à trois quarts d'heure. Pour un séjour sans voiture, c'est l'une des meilleures bases de la Côte Fleurie.
Prix : Premium
Ambiance : Belle Époque, feutrée, littéraire, front de mer
Chambres : des chambres vue mer aux suites, dont la 414 dédiée à Marcel Proust
Idéal pour : couples, lecteurs, escapades hors saison
Ce que nous préférons ici : la salle du Balbec au petit-déjeuner, quand la marée est haute et que la baie remplit les fenêtres
Table : Le Balbec, cuisine gastronomique face à la mer
Équipements : spa, accès et chambres adaptés aux personnes à mobilité réduite, animaux acceptés, casino mitoyen
À voir autour : la digue-promenade et les villas de Cabourg, le port de Dives-sur-Mer, Houlgate et Villers-sur-Mer, Deauville à 25 minutes
Elle porte le numéro que Proust occupait au quatrième étage, et l'hôtel a choisi de la laisser vivante plutôt que de la mettre sous vitrine : on y dort, on y travaille, on y ouvre les fenêtres sur la même vue. C'est l'argument le plus évident de la maison et le plus facile à mal traiter ; ici, le traitement est sobre. Pour qui veut la matière sans le pèlerinage, les autres chambres de la façade offrent exactement le même horizon, et les étages hauts dominent la digue.
Le Balbec occupe la salle qui donne sur la plage, et c'est là que se joue l'essentiel de la journée. Le dîner y est gastronomique, mais le vrai moment est le petit-déjeuner : la lumière entre à l'horizontale, la mer est encore vide et la salle reste calme une bonne heure. En fin d'après-midi, le bar prend le relais pour ceux qui rentrent de la digue. Rien d'ostentatoire, une cuisine de produit et un service qui connaît ses habitués.
L'été, Cabourg est une station familiale et animée, la plage se remplit et la digue aussi. Le reste de l'année, la maison retrouve son registre : ciel bas, marées longues, salles à demi pleines et tarifs plus doux. C'est la saison que nous conseillons pour cette adresse en particulier, parce que c'est celle qu'elle raconte le mieux, et parce que le spa et la table suffisent largement à remplir un week-end de vent.
Ce qui nous a séduits à La Maison d'Emilie, c'est son parti pris de villa...
Nous avons été sensibles à ce que cette villa a gardé de la Houlgate balnéaire...
Si nous avons sélectionné cet hôtel, c'est pour sa position imparable, en plein sur la...