Hotel De Quebec
Nous avons été sensibles à l'adresse plus qu'à la façade : à l'angle de la rue...
Il n’y a pas trente-six manières de dormir devant la cathédrale de Rouen : il y en a une. L’Hôtel Cardinal occupe le numéro 1 de la place, dans le secteur piéton où les rues se rétrécissent entre les colombages, et ses quinze chambres regardent toutes la façade. Cela paraît anecdotique tant qu’on n’a pas ouvert les rideaux un matin de mars, quand la pierre passe du gris au miel en vingt minutes. Monet a peint cette façade plus de trente fois pour cette raison exacte. La maison est ancienne, tenue avec sobriété, et laisse la vue faire le travail.
Pour la position, évidemment, qui n’est pas reproductible : aucune autre adresse hôtelière de la ville ne donne sur le portail. Mais aussi pour la cohérence de ce qui l’accompagne. Le décor a été refait dans des tons doux et des matériaux sobres, sans tenter le pastiche médiéval qui guette dans ce quartier. Deux chambres disposent d’une terrasse, ce qui transforme la vue en lieu de séjour et non en carte postale. Et l’ensemble reste à taille humaine, quinze chambres, avec une réception qui ferme le soir et un accès sécurisé pour les retours tardifs.
La place de la Cathédrale est le point zéro de Rouen. La rue du Gros-Horloge en part vers l’ouest et mène, sous son cadran doré, à la place du Vieux-Marché et à l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. Au nord-est, l’abbatiale Saint-Ouen et son orgue, l’Aître Saint-Maclou et sa cour de bois sculpté. Au sud, les quais de Seine et le pont Gustave-Flaubert. Le musée des Beaux-Arts ferme le triangle. Tout se fait à pied, sans carte, et le parking de la cathédrale se trouve à cent cinquante mètres pour ceux qui arrivent en voiture.
Prix : milieu de gamme
Ambiance : maison de ville, sobre, familiale
Chambres : quinze, en Confort, Supérieure et Triple, dont deux avec terrasse ; vue cathédrale depuis toutes
Idéal pour : les week-ends culturels à Rouen, les voyageurs sans voiture, les amateurs d’architecture gothique
Ce que nous préférons ici : Grisette, la chatte de la maison, qui vaut à l’hôtel sa seule règle vraiment ferme
Table : petit-déjeuner en buffet, servi tôt en semaine et plus tard le week-end
Équipements : chambres insonorisées, chambres familiales, deux chambres terrasses, ascenseur, accès sécurisé après la fermeture de la réception, parking public à cent cinquante mètres
À voir autour : la cathédrale Notre-Dame, le Gros-Horloge, l’Aître Saint-Maclou, l’abbatiale Saint-Ouen, la place du Vieux-Marché
Les catégories se distinguent par la surface et le couchage plutôt que par le panorama, puisque celui-ci est le même partout. La Confort convient au séjour à deux, la Supérieure offre plus d’aisance, la Triple règle le cas des familles et des amis. Les deux chambres terrasses constituent la vraie montée en gamme de la maison : on y prend le café dehors, à hauteur de rue haute, avec la cathédrale pour seul vis-à-vis. Les chambres sont insonorisées, précision utile sur une place qui vit toute la journée et se vide le soir.
L’hôtel n’accueille pas les animaux, et pour une fois la raison est nommée : une chatte, Grisette, habite les lieux et n’a pas envie de partager. C’est le genre de détail qui dit tout d’une maison tenue en direct plutôt que gérée à distance. Le bâtiment, ancien et vertical, ne convient pas non plus aux personnes à mobilité réduite, la maison le dit franchement plutôt que de laisser la surprise à l’arrivée.
Le buffet du matin ouvre avant sept heures en semaine, plus tard le week-end, et c’est l’horaire qui fait la différence. Rouen se visite bien entre le lever du jour et dix heures, quand la place appartient encore aux riverains et que la lumière rase la façade ouest. Dormir sur place permet exactement cela : sortir dix minutes, voir le portail sans personne devant, et rentrer déjeuner. Aucune visite guidée n’offre ce créneau.
Nous avons été sensibles à l'adresse plus qu'à la façade : à l'angle de la rue...
Nous avons retenu cet hôtel pour une raison qui tient en un lieu : l'hôtel...
Si nous avons sélectionné cet hôtel, c'est pour la cohérence rare de son parti pris...