La Maison de la Plage
Coup de cœur pour cette maison qui joue la carte du charme de l'ancien, façon...
Boulevard de la Cahotte, à l'endroit où Trouville tourne face à la plage, se dresse un bâtiment que la ville a longtemps connu sous un autre usage. Alexandre Durville l'a élevé en 1912 pour être le plus grand casino de France ; l'aile ouest a ensuite abrité, à partir de 1950, le centre de cures marines qui a donné son nom à l'hôtel. L'aile restaurée n'avait jamais servi à loger qui que ce soit avant sa transformation. Elle porte aujourd'hui cent trois chambres et suites, et l'on circule dans des volumes de casino, hauts, clairs, tournés vers l'eau.
Parce que peu d'adresses normandes réunissent un bâtiment de cette importance, un vrai spa marin et une position les pieds dans le sable. Le travail de Jean-Philippe Nuel est la deuxième raison : il a gardé les colonnes, les enfilades et les marbres au lieu de les effacer, et la décoration contemporaine s'y installe sans lutter contre le décor. La troisième est simple : le spa fait deux mille cinq cents mètres carrés, ce qui permet de venir pour une cure et pas seulement pour un soin. Et l'on reste à Trouville, ville vivante toute l'année, plutôt qu'isolé dans un centre de thalasso.
La plage commence devant la terrasse, et les planches de Trouville filent vers la pointe. Le marché aux poissons, les halles et les rues commerçantes sont à cinq minutes à pied, le casino et le port de pêche également. De l'autre côté de la Touques, Deauville et ses planches se rejoignent par le pont, ce qui permet de faire les deux stations dans la même journée sans voiture. La gare de Trouville-Deauville met Paris à deux heures. C'est l'un des rares hôtels de la côte où l'on peut passer trois jours sans démarrer le moteur.
Prix : Premium
Ambiance : palace balnéaire, volumes de casino, marbres, thalasso
Chambres : 103 chambres et suites, plusieurs avec vue sur la Manche
Idéal pour : cures et séjours bien-être, couples, week-ends de mauvaise saison
Ce que nous préférons ici : les enfilades de l'ancien casino, conservées à la restauration et parcourues en peignoir entre la chambre et le spa
Table : La Galerie, salle tournée vers la mer, et un bar dans les volumes d'origine
Équipements : spa marin de 2 500 m², sauna, salle de sport, accès direct à la plage, animaux acceptés
À voir autour : les planches et le marché aux poissons de Trouville, le port de pêche, Deauville de l'autre côté du pont, Honfleur à 20 minutes
Deux mille cinq cents mètres carrés, c'est une autre échelle que les cabines d'un hôtel classique : on y vient pour une demi-journée, pas pour un soin isolé. L'eau de mer est la matière première, dans la continuité de ce que la maison pratiquait déjà au siècle dernier. L'organisation la plus confortable consiste à caler les soins en matinée, à déjeuner léger, puis à garder l'après-midi pour les bassins et la plage selon le temps. En hiver, quand la mer est grise et le vent debout, c'est l'adresse qui justifie le déplacement à elle seule.
Jean-Philippe Nuel a travaillé quatre niveaux d'un bâtiment qui n'avait jamais été un hôtel, ce qui explique la variété des plans : certaines chambres jouent la hauteur sous plafond, d'autres la vue, quelques suites occupent les angles. Demandez la façade mer, évidemment, mais les chambres côté ville ont l'avantage du calme le soir et donnent sur les toits de Trouville. Le vocabulaire décoratif reste marin sans être thématique, bleus profonds, bois clairs et références discrètes aux cabines de bain.
Les deux villes se regardent d'une rive à l'autre et ne se ressemblent pas. Deauville tient les planches, les palaces et l'hippodrome ; Trouville a gardé son port de pêche, ses halles, ses rues en pente et une population qui y vit à l'année. Loger ici, c'est choisir la version habitée de la Côte Fleurie, avec le luxe à portée de pont. Pour un premier séjour, la combinaison est même idéale : on dort côté Trouville et l'on traverse pour la journée.
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